Parkinson : une pathologie qui s’entend ?

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La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer, ce qui en fait un réel problème de santé publique. En effet, on compte approximativement 10 millions de personnes atteintes dans le monde. C’est dans ce cadre que les chercheurs étudient aujourd’hui les signes précoces liés à cette maladie, permettant de la réguler le plus tôt possible.

     La maladie de Parkinson est bien connue par sa tétrade motrice associant bradykinésie, tremblement de repos, rigidité plastique avec roue dentée et trouble de la marche. Cependant, il s’agit avant tout d’une maladie systémique composée d’une multitude de symptômes non-moteurs (SNM).

D’ailleurs, contrairement à la pensée sociétale en vigueur, seuls 50 % des patients présentent un tremblement lors du diagnostic de la maladie. La présence de signes moteurs signifie que 50 à 60 % des neurones dopaminergiques sont déjà détruits, la maladie est alors bien avancée, et les espoirs thérapeutiques minces. En revanche, 60 à 100 % des patients atteints présentent déjà des SNM depuis plusieurs années. Ainsi, il est pertinent de centrer le diagnostic de cette pathologie autour de ces SNM. C’est pourquoi, nous observons à ce jour, un certain regain d’intérêt pour les SNM dans le diagnostic précoce de la maladie de Parkinson. L’idée principale étant que si la maladie est diagnostiquée au plus tôt, des thérapeutiques pour freiner sa progression seront alors envisageables.

Parmi ces SNM, figurent les troubles de la parole. Progressivement, la voix des personnes atteintes de Parkinson s’adoucit et devient plus monotone. Les scientifiques de l’université d’Arizona pensent que les corps de Lewy – composés d’α-synucléine, une protéine naturellement présente dans le cerveau, mais qui n’est plus évacuée à cause d’une mutation – situés dans les zones cérébrales impliquées dans la parole seraient responsables de cette manifestation précoce de Parkinson. Des expériences sur les diamants mandarins ont été réalisées afin de confronter cette hypothèse. Les premiers résultats indiquent que la présence de l’α-synucléine anormale dans le cerveau altère le chant des oiseaux, à l’image de ce qui se passe chez les humains.

En continuant dans ce sens, selon une étude récente menée au Royaume-Uni, les cauchemars fréquents chez les seniors pourraient constituer un signe très précoce de la maladie de Parkinson.

Bien sûr, il reste des progrès à faire autant dans le diagnostic que dans le traitement de cette maladie. Des études scientifiques doivent encore confirmer ou réfuter chacune des hypothèses récentes avancées. En revanche, il convient d’éviter de sombrer dans de l’alarmisme constant dès qu’un comportement décrit comme symptôme précoce apparaît.

                                                                                                                                            Alicia NABTI

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