Les dispositifs médicaux ne font pas de vieux os

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Dans la diversité des dispositifs médicaux, certains sont particulièrement innovants, c’est le cas des dispositifs médicaux implantables. Bien loin de l’image de la prothèse inerte, les dispositifs médicaux implantables formés de biomatériaux pensent révolutionner la prise en charge chirurgicale, fruits d’un important travail de recherche.

La spécificité des dispositifs médicaux implantables réside dans leur localisation et destinée. Rappelons ici que l’appellation de dispositif médical implantable concerne « tout dispositif destiné à être implanté en totalité dans le corps humain ou grâce à une intervention chirurgicale, et à demeurer en place après l’intervention ». Les stents, les valves cardiaques, les implants dentaires sont par exemple concernés par cette définition. Ils sont fabriqués à base de biomatériaux dont la définition est établie lors de la conférence de Chester en 1991, comme des matériaux non vivants conçus pour une interaction avec les systèmes biologiques. Par cette notion d’interaction avec l’organisme on saisit l’aspect crucial de leur biocompatibilité. Doit se concilier à cette biocompatibilité des exigences mécaniques, mais aussi physico-chimiques pour supporter la fabrication et les étapes propres à l’utilisation médicale telles que la stérilisation. Les polymères synthétiques, les céramiques ou des alliages métalliques se trouvent être des biomatériaux fréquemment utilisés.

Les dispositifs médicaux implantables trouvent une utilisation particulièrement prometteuse en chirurgie orthopédique avec la famille des polymères synthétiques qui a connu des avancées majeures grâce à des progrès de caractérisation, synthèse et utilisation de l’échelle nano. « Se faire les ligaments croisés » ou plus exactement subir la rupture du ligament croisé antérieur du genou est la raison médicale ayant brisé bon nombre de carrières que l’on peut très hypothétiquement et hasardeusement imaginer professionnelle… Et pour cause, cette blessure est redoutée des sportifs car ce ligament est essentiel à assurer mouvements et stabilité du genou. On se propose d’évoquer les enjeux caractérisant une telle recherche dont la multiplicité des paramètres à prendre en compte et leur influence réciproque sont considérables. En premier lieu la composition polymérique, celle-ci est centrale pour assurer la résistance aux procédés de stérilisation ou à la dégradation hydrolytique. La structure, architecture des filaments, influence aussi la vitesse de dégradation et les propriétés mécaniques (rigidité, raideur…). Ces paramètres étudiés permettent de répondre à l’objectif d’évoluer d’un ligament artificiel vers un ligament reconstruit. Autre pathologie, l’hernie discale, caractérisée par un disque intervertébral lésé, se voit proposer une nouvelle prise en charge par un implant de polycaprolactone, qui est colonisé par les cellules du patient. L’implant formé d’un assemblage de lamelles, constitue un réseau poreux qui permet l’intégration dans l’environnement. Comme la ligamentoplastie, l’avancée majeure réside donc dans le fait que les tissus détériorés puissent se régénérer par colonisation du dispositif médical.

Les dispositifs médicaux implantables présentés ont en commun leur constitution de biomatériaux dégradables, ce qui leur confèrent la propriété majeure d’être progressivement remplacés par des tissus naturels. Ces implants agissent donc comme échafaudage provisoire à une régénération tissulaire.

Romain PIMENTINHA

 

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