Cosmétique : entre responsabilité écologique et devoir moral

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A l’ère de l’éco-responsable et du « cruelty-free », tous les regards se tournent vers l’industrie de cosmétiques. En France, ce sont 650 bouteilles de shampooings et 120 produits de maquillage qui sont vendus par minute. Il y a de quoi s’inquiéter de la manière dont sont fabriqués, emballés et acheminés tous ces produits que l’on utilise quotidiennement puisque ceux-ci sont responsables d’une importante part de nos émissions de gaz à effet de serre. 

Tout d’abord, l’effort doit se faire au niveau de la production des différents produits. On abandonne les cosmétiques « tout-en-un » faits à base de molécules chimiques dont la fabrication est lourde en consommation énergétique et on préfère se tourner vers des produits à base d’ingrédients naturels. L’entreprise La Rosée frappe fort en proposant des produits jusqu’à 100%  d’origine naturelle. De son côté, Sisley opte pour l’énergie solaire et fournit l’entièreté de l’électricité de ses bureaux grâce aux panneaux photovoltaïques posés sur leur toit. Mais il faut également penser à l’exportation ! Clarins place la barre haut en faisant un partenariat avec Solar, le premier avion à voler uniquement à l’énergie solaire, mais aussi en réduisant de 15% le poids de son nouveau rouge à lèvres afin de limiter son empreinte carbone. Le « Made in France » est tout aussi apprécié et un grand nombre de plus petites enseignes, comme La Rosée ou Ibbeo savent en jouer. Mais il reste un problème, la cosmétique est la reine du « packaging ». Pour pallier cela, la marque Clémence & Vivien utilise des flacons en verre recyclable pour tous ses produits, là où Comme Avant préfèrera utiliser des emballages entièrement biodégradables. On observe également un mouvement de « slow comestic » se mettre en place. Cozie en est la parfaite illustration et demande à ses clients de renvoyer leurs produits vides afin qu’ils les désinfectent et les ré-emploient.

Bien que le secteur de la cosmétique semble avoir pris conscience de son devoir écologique ces dernières années, il subsiste un fléau sur lequel on ne peut fermer les yeux. Alors qu’une loi européenne avait été votée en 2009 et interdisait toute utilisation d’animaux en laboratoire, le débat se rouvre. L’Agence européenne des produits chimiques a demandé l’année dernière de pouvoir, à nouveau, tester certains produits utilisés en cosmétique sur des animaux. Les marques Dove et The Body Shop, figures de la lutte contre la cruauté animale, se liguent avec les associations PETA et Cruelty Free Europe et lancent alors une Initiative Citoyenne Européenne. Son but est de récolter le plus grand nombre de signatures sur leur pétition. Cependant, même si cette dernière arrivait à ses fins, il resterait un grand nombre de produits cosmétiques non européens, soumis à des législations différentes et potentiellement testés sur des animaux, sur le marché français. En 2018, la France a importé plus de 58 milliards d’euros de produits cosmétiques, chimiques et parfums. Il demeure donc fondamental de sélectionner les produits que l’on utilise en évitant les marques non éthiques comme pourrait l’être MAC, Benefit Cosmetic ou encore NARS selon le rapport PETA.

L’industrie cosmétique a su répondre aux attentes de ses consommateurs et aux  obligations écologiques de notre époque. Mais le travail n’est pas fini ! Les changements et les efforts doivent se faire dans la durée et par le plus grand nombre. Pour cela, le prochain enjeu des acteurs de ce secteur pourrait être de proposer un panel de prix plus vaste afin d’élargir leur clientèle.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Giulia SALS

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