La découverte d’une molécule capable de réguler la perte de mémoire représente un espoir dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer

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La maladie d’Alzheimer touche plus de 900 000 personnes en France et sa prévalence augmente très nettement après 65 ans. C’est une maladie neurodégénérative qui se traduit par une perte de mémoire et peut s’étendre à des troubles cognitifs généraux (langage, résolution de problèmes…) et handicapants. Deux mécanismes ont pu être mis en évidence pour expliquer cette dégénérescence cérébrale : les dépôts amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires qui empêchent le bon fonctionnement des neurones. 

La découverte d’une grande quantité de cuivre chez les malades d’Alzheimer a suscité l’attention des chercheurs quant à la relation du cuivre avec les plaques amyloïdes et son rôle dans la maladie. Il faut noter que le rôle du cuivre est assez controversé dans la communauté scientifique. Néanmoins, un cerveau malade possède environ cinq fois plus de cuivre qu’un cerveau sain. C’est pourquoi, en 2013, une étude américaine menée par le Docteur Rashid Deane met en avant l’impact néfaste du cuivre accumulé sur notre système d’élimination de la protéine bêta amyloïde à l’origine des plaques. Dans le cerveau, nous possédons naturellement du cuivre, mais en quantité excessive il est séquestré par les plaques amyloïdes ce qui déclenche un stress oxydatif détruisant les neurones avec une apparition massive de ces plaques. Le stress oxydatif serait ainsi catalysé par les complexes cuivre-amyloïdes. 

C’est pourquoi une équipe de recherche réunissant des scientifiques français et chinois s’est penchée sur le sujet du cuivre avec pour objectif de trouver une molécule capable de réguler son homéostasie. Les chercheurs ont utilisé des souris transgéniques et des souris non transgéniques, ces dernières sont d’ailleurs de meilleurs modèles de la maladie d’Alzheimer chez l’homme. La molécule développée appelée TDMQ20 a eu des effets favorables sur l’avancée de la maladie chez la souris puisqu’elle a permis de stopper la perte de mémoire, d’inverser les troubles cognitifs et d’améliorer à plus long terme le comportement des souris. Cette molécule, désormais brevetée, extrait le cuivre piégé dans les plaques amyloïdes pour le réintroduire dans le circuit enzymatique normal du cerveau qui a besoin de cuivre pour fonctionner. Les souris caractérisent un stade précoce de la maladie, par conséquent suite aux observations encourageantes, il serait ainsi possible de traiter un alzheimer précoce chez l’homme et limiter le plus activement possible la destruction des neurones. Ces résultats prometteurs ont été publiés dans ACS Chemical Neuroscience le 16 décembre 2020 et ouvrent une nouvelle voie thérapeutique chez l’homme. Des essais précliniques vont bientôt être entrepris pour tester le médicament candidat. 

 

Maud HERVE

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