L’avenir de la neurostimulation cérébrale profonde

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La stimulation cérébrale profonde (SCP), constitue l’une des avancées majeures en neurosciences ayant révolutionné ces 30 dernières années. Utilisée en chirurgie, la SCP permet l’étude d’activité cérébrale ainsi que la modulation de cette dernière en cas de dysfonctionnement, notamment dans la maladie de Parkinson où le patient est atteint de troubles moteurs en raison d’un déficit en dopamine.

Depuis son émergence dans les années 80, la SCP a été appliquée à plus de 160 000 patients dans le monde, dont la majorité était atteinte de troubles de la motricité rencontrés avec Parkinson.

Le principe de la SCP repose sur une technique chirurgicale de neuromodulation dans laquelle sont implantées des électrodes au niveau des zones cérébrales d’intérêt. Ces électrodes vont induire une stimulation électrique constante ou intermittente produite par une batterie implantée, qui fait office de source d’énergie.

Ainsi, la SCP offre un espoir de guérison de neuropathologies motrices. Parmi ses avantages, cette méthode, en comparaison à certaines interventions chirurgicales, permet une approche non lésionnelle. Une capacité d’adaptation des paramètres de stimulation garantit une meilleure optimisation des bénéfices thérapeutiques et de la réduction d’effets indésirables.

De plus, cette innovation apporte un outil scientifique complémentaire dans l’étude et la recherche des mécanismes de dysfonctions cérébrales à l’origine de tableaux cliniques pathologiques. La SCP a également la particularité d’être hautement focalisée vers des cibles anatomiques qui sont de l’ordre du millimètre. En conséquence, elle a contribué au développement de théories sur le circuit de la dysfonction cérébrale « circuito-pathie », en corrélant dysfonction et stimulation localisée aux réseaux cérébraux.

Ainsi, la SCP en tant que modulatrice des circuits cérébraux, a conduit à l’étude de son large champ d’application thérapeutique possible : fonctions motrices (Parkinson), limbiques, mémorielles (Alzheimer’s) et même cognitives.

Néanmoins, malgré son potentiel prometteur à l’avenir, la stimulation cérébrale profonde présente des limites techniques et cliniques. Mal maitrisée, elle peut entrainer des effets secondaires graves pouvant aller jusqu’à l’hémorragie et l’infection. En outre, la SCP peut avoir une efficacité diminuée voire inexistante sur certains symptômes, comme ceux issus de troubles axiaux en Parkinson. Le choix des patients en essais cliniques ainsi que les cibles anatomiques et l’étude de la bonne réponse clinique soulèvent encore à cette heure-ci débats et questionnements. Ainsi, les défis actuels se posent principalement sur l’innovation du matériel implanté (électrodes), l’amélioration du ciblage des zones anatomiques et le développement de stratégies de stimulation innovantes.

À ce jour, aucun effet neuroprotecteur n’a été démontré et la SCP reste uniquement un traitement symptomatique. Malgré tout, il n’en demeure pas moins un outil puissant pouvant être utilisé pour traiter plusieurs troubles du mouvement et étudier leur physiopathologie sous-jacente. Le domaine de la SCP est en pleine expansion et devrait évoluer davantage dans les années à venir, dans l’espoir de permettre le traitement d’une majorité de patients de la façon la plus sure et efficace.

NHAILA CHAHRAZADE

Sources :