De nouvelles crises sanitaires à venir?

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La situation actuelle, sans précédent, engendre des profonds changements concernant les campagnes de vaccination dans le monde. Certaines organisations s’alarment d’une crise sanitaire à venir sans précédent dans les pays pauvres concernant notamment la rougeole, la fièvre jaune et la poliomyélite.

Le 24 mars 2020, le GPEI (Global Polio Eradication Initiative) a recommandé la suspension de toutes les campagnes de vaccination contre la poliomyélite en cours en Afrique afin de ne pas favoriser la propagation du virus SARS-CoV-2. Cela aurait alors pour conséquence une réémergence de la maladie dans les régions où elle a été éradiquée ou alors une augmentation de cas d’enfants paralysés. Le Pakistan et l’Afghanistan seraient des pays qui pourraient être particulièrement touché.

L’OMS, le 26 mars, a préconisé une suspension dite temporaire de vaccination contre la fièvre jaune, la diphtérie et la rougeole.

L’OMS considère en effet que la distanciation sociale nécessaire à l’endiguement du Covid-19 est incompatible avec la distribution des vaccins dans les villages.

Ceci concerne alors 13,5 millions d’enfants qui n’ont pas pu bénéficier de la vaccination.

En Amérique latine, c’est l’épidémie de dengue qui inquiète. La région ayant déjà connu un malheureux record en 2019, avec plus de 3,14 millions de personnes infectées.

Depuis le début de l’année, plus de 661 000 cas ont déjà été confirmés en Amérique du Sud, dont 1 820 graves. En effet l’accès direct aux soins médicaux permet d’abaisser le taux de mortalité en dessous de 1%. Toutefois vis-à-vis de la situation actuelle, la surcharge des systèmes de santé du au Covid-19 n’assure pas la continuité des soins.

Ceci est d’autant plus accentué par le fait que les maladies présentent des symptômes similaires (fièvre, maux de tête, courbatures…).

En Guadeloupe, où 7 260 cas ont été enregistrés depuis octobre 2019, la dengue semble heureusement être en régression, mais la baisse des chiffres pourrait cependant être due à la désertification des cabinets médicaux depuis le confinement.

Aussi, des campagnes de vaccination contre la rougeole ont déjà été reportées dans plus d’une vingtaine de pays. Ainsi plus de 117 millions d’enfants pourraient être privés de vaccin. Ceci inquiète particulièrement en République Démocratique du Congo où l’épidémie de rougeole est cette année particulièrement virulente. Depuis début 2019, la maladie a infecté 341 000 personnes et causé 6 400 décès, trois fois plus qu’Ebola durant la même période. La maladie, 10 fois plus contagieuse que le Covid-19, se répand alors de façon extrêmement rapide.

L’OMS préconise cependant la poursuite de la vaccination dans les centres de soins et les hôpitaux. Néanmoins, suite à la panique engendrée par le virus, les centres médicaux sont parfois désertés de peur de le contracter, pouvant ainsi repousser ces vaccinations.

Il demeure ainsi un autre problème engendré par la fermeture des frontières :  une possible pénurie de vaccin est envisageable.

Le Covid-19 a donc plus de répercussion au niveau de la santé que ce que l’on pourrait penser, impactant aussi d’autres maladies qui sont pourtant malheureusement, pour la plupart, gérables.

 

Capucine LAMBERT

 

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