Monsanto, le puit sans fond de Bayer.

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Retour sur une acquisition audacieuse.

En 2018, les laboratoires Bayer ont cassé leur tirelire en versant pas moins de 63 milliards de dollars pour s’offrir le spécialiste de l’agroalimentaire Monsanto. Ce rachat consiste donc en l’acquisition d’un géant produisant près de 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel mais à la réputation plus que controversée qui pèse désormais sur les épaules du laboratoire allemand.

Une entreprise à l’image compromise
Monsanto est depuis des années l’ennemi juré des écologistes, altermondialistes et autres groupes de pression qui se positionnent sur les questions de santé, d’environnement et d’alimentation. Les principales raisons de ce désamour sont la commercialisation de produits phytosanitaires dont le plus célèbre est le Rondup (glyphosate) et de produits alimentaires réputés nocifs comme l’aspartame. L’entreprise s’attire également les foudres du grand public pour le développement d’espèces végétales génétiquement modifiées. Tout cela a atteint l’image des produits Monsanto au point que Bayer a déclaré qu’il souhaitait tout simplement en supprimer la marque.

Des procès qui s’enchaînent
En août dernier, 2 mois après l’acquisition, la décision du tribunal de San Francisco a condamné Bayer à verser la somme de 289 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier atteint d’un lymphome non hodgkinien qui a été jugé imputable à l’utilisation du Roundup. Cette somme a néanmoins été revue à la baisse (78,5 millions de dollars) en appel et Bayer souhaite faire une nouvelle fois juger l’affaire et cette fois-ci sur le fond. Cependant, Bayer doit encore faire face à plus de 10 000 affaires judiciaires similaires et la victoire de Dewayne Johnson pourrait inspirer les décisions des prochains tribunaux, surtout qu’un second procès, cette fois intenté par Edwin Hardeman, a lui aussi rendu un verdict défavorable au groupe qui doit cette fois débourser 80 millions de dollars.

Bayer maintient ses positions
A l’issu du procès d’Edwin Hardeman, la direction de Bayer s’est dite « déçue par la décision du jury » et revendique que cela « ne change rien au poids de 40 ans de science et de conclusions d’agences de régulation dans le monde entier qui soutiennent que notre désherbant au glyphosate est sûr et qu’il n’est pas cancérigène ». Pour l’heure, Werner Baumann, Président Directeur Général de Bayer, continue de penser que « l’acquisition de Monsanto était et reste une bonne idée ».

Ghali Samuel 

Sources :
o Site de Monsanto
o Site de Bayer 
o Article le devoir 
o Article Capital